Mille fois pire [2022]

 


À Isidore Ducasse, Comte de Lautréamont, florissant génie dont l’œuvre m’a abreuvé pour improviser ces misérables et évidentes lignes.


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    L'autoroute dans le jardin, les rails en dessous, les bancs souillés, les murs tagués, les fêtes foraines bruyantes, les parcs d'attraction menteurs, les spectacles de danse sous les chapiteaux déserts, les bars modèles, les lieux communs, les centres commerciaux caverneux, le dialogue des machines, l'étouffement des supermarchés, les heures de fermeture, le vol à la sauvette, les cartes de membre, le délit de faciès, les jeux de hasard, la rue Varin, le sexe payant, les rapprochements sans origine, la consommation des rencontres Tinder, les campagnes de pub qui ont le sourire, celles qui restent en tête, les matchs de foot sans pronostics, l'accumulation parasitaire, les syndromes de Diogène, les poubelles vides, les fins de mois rudes, les loyers inabordables, les effets d'annonce, les hôtels 4 étoiles, le tourisme de masse, les guides touristiques hasardeux, les visites guidées, les trous d'air au-dessus de la mer du Nord, les atterrissages en trois fois, l'acrophobie, l’approximation de tout mouvement, les montagnes russes, les secousses avachies, les pales fixes d'un hélicoptère en vol, quand ça tourne vinaigre, le souffle gelé de l'air conditionné dans le dos, les parkings payants, les amendes de stationnement, les urinoirs oppressants, l'odeur de cochon, les longues pattes d'araignées circulaires autour de la nuque, les frelons agressifs, les serpents, les cafards, les puces, les morpions infectieux, les déjections d’acariens, les rats dans les murs, le reflet brillant des yeux de mouton dans le noir, l'équarrisseur du mulet à l'œil vif, les oiseaux en cage, les oiseaux sans tête, les chihuahuas jouets, fêter l'anniversaire du clébard, fêter la Saint-Valentin, les anniversaires surprises, les couilles du Pape, les chants de Noël, les gyrophares en musique, les dvd, les compilations, les playlists, la K-pop, les rayures sur les disques, les fausses notes, les accords prévus, les tatouages Carpe Diem, les conventions de tattoo, les matchs de catch, les casquettes à l'envers, les semelles compensées, la mode sans les explications, attendre pour la photo, poser nu, les photos de chats, celles de femmes enceintes, les photographes urbex, les selfies cancéreux, la numérisation des corps, les vidéastes amateurs autistes, le trash paisible, l’apparence trompeuse des idées, les colliers de perles sur les dos courbés, les colliers de cendres pour les pots broyés, les plaques rouillées sur les façades, les plantes de bureau jaunies par la paresse, les roses fanées, les fleurs flétries, l’aurore bruineuse de novembre surnageant dans les entrailles d’une poésie mélancolique, la pluie matinale, l'humidité, les nuages noirs et lents, les changements de pression, les prévisions météorologiques, la lumière bleue, les imprécisions de l'automne silencieux, les feuilles qui tombent sur les couchers de soleil éphémères, le goût de la mer dans les yeux, l'agonie des beaux jours, l'épuisement des saisons douces, l'air étouffant des nuits d'été, les dysfonctionnements de la nature, les spectres de Broken asséchés, les hivers chauds, les chaleurs insoutenables, les sables mouvants, le paysage éteint de la Hesbaye, les chemins de remembrement, les pavés, les dos d'âne, les priorités de droite, les angles morts, les pots de fleurs dans les ronds-points, les sentiers battus, les sentiers dérisoires, l'année 2014, et six ans plus tard, la villa blanche au sommet de la côte interminable, la suie liquide coulant sur les façades, les grilles grinçantes, les pignons dégarnis, les chutes à vélo immobiles, les nuages de moustiques dans la tronche, les trottinettes et les vélos électriques, les roues voilées, les voitures sans permis, les bouchons matinaux, les bus hybrides débordant de transpiration, les transitions écologiques, les éoliennes, l'énergie verte, le tri sélectif, les fichiers partagés, les temps de téléchargement à rallonge, les livraisons retardées, les déménagements, les alarmes à 6 heures du matin, les rêves sans nuit, les nuits sans rêves, les matelas mous, les coussins durs, les divans-lits, les lits qui grincent, le volume de la télévision du rez-de-chaussée, les rebonds de la machine à laver de la cave entre le coussin et l'oreille, le barouf du moteur du frigo dans le salon, la saleté sur les pavés de la cuisine, la moisissure dans le micro-ondes, les tabourets, les couteaux mal aiguisés, les salles de bain sans bac de douche, pieds nus sur le carrelage, déposer les coudes sur une table en acier inoxydable, les éponges remplies d'un liquide glaireux, l'agglomération de poussière, la crasse obscène, les parfums incommodes, les fragrances de friture, les moules sans frites, le trop sucré, le sans saveur, les conservateurs, les acidifiants, les édulcorants, l'aspartame, les allergènes, les allergies, les intolérances alimentaires, les plats préparés, les arêtes oubliées dans les entrailles creuses, le porc en tranches dans des barquettes en plastique, les coups brunis dans les pommes, la pourriture sur les fruits, et cachée dans les boites de thon, les taches blanches sur la confiture, les sachets de pâtes éventrés, les boudoirs mous, les baguettes en ciment, le pain rassis, le pain congelé, la mie de pain égarée, éplucher les figues, les clémentines, le lait concentré stérilisé, le thé en sachet, le café froid, et en capsule, les bières chaudes, l'ivraie enivrante, l'alcool frelaté, le vin vinaigré, l'eau en bouteille, le jus de fruits en canette, les bouchons coincés sur les bouteilles pleines, l'eau en poudre, l'eau potable dans les chiottes, l'eau sans mouvements, le jaune d'œuf rouge odorant, les vapeurs aphrodisiaques de cette bougie au gingembre, le faux cuir beige, s'habiller en noir, les chemises à carreaux, les shorts en jeans, les dégradés sur les jeans, les pantacourts, les robes fuchsia, les polos verts, les leggings rouges, les t-shirts roses, les Converses noires, les chaussettes blanches, les tickets mauves, les voitures jaunes, les ados aux cheveux bleus, la crise d'adolescence, les gros lards verts, les métalleux gris, les renfermés planqués, les reclus sociaux, jouer avec les pixels sans jamais voir le jour, l'onanisme intarissable, les geeks asociaux, les assistés chroniques, les fils de pub, les ermites modernes, les hikikomori inconscients, les fuyards peureux, la consanguinité transgénérationnelle, les amis d’hier, les amitiés perdues polluées par l'amour, les anonymes qui ne se connaissent pas, ceux qui vivent par l'absence, ceux qui sont Charlie, ceux qui parlent pour les autres, ceux qui font la manche, ceux qui gueulent pour se faire entendre, ceux qui sifflent des airs connus, ceux qui convertissent leurs idées, ceux qui pensent par eux-mêmes, ceux qui trouvent ça "bien", ceux qui n'activent pas, les pourris flémards, les salopettes propres, les chasubles jaunes aux alentours des usines ternes, les croquemorts en costard, les collègues de bureau insondables, l'intonation de celle d'en face, le battement des talons dans le couloir du troisième, le claquement des talons écrasés sur le tarmac chaud, celui des pieds nus dans les sandales humides, les idiots du "Bas", les gens qui croivent, les aigrefins véreux, les retardés universels, les libertins convaincus d'être libres, les intellectuels baratineurs, analyser les affections, les cleptomanes généreux, les peaux de vache, les curieux insatiables, les exfiltrés d'asile psychiatrique, les antispécistes, les platistes, les créationnistes, les moralistes dépendants, les gueules de con, les zététiciens graveleux, les bobos dans leur sursaut d'étonnement, la marginalité forcée, étudiée, soignée, les paumés sans lecture, les affaissements théoriques, les sarouels jaunis par la nicotine, le pathos dégoulinant des polyamoureux non-binaires pansexuels, les superstitieux, les classes de 12, les coachs en changement de vie, les vieux qui courent en short vers nulle part, les affamés du temps de midi, ceux du soir, et ceux du matin aussi, les faux-culs torves, les assureurs, les jurés cocus de cours d'assise, les doubles vies, les ébranlés, les infestés, les infectés, les malades imaginaires, les profiteurs, les escrocs, les truands, les brigands, les agences d'intérim, les émotifs au cul du Diable, les cannibales, les destructeurs, l'inceste sucré, la pédophilie inoffensive, anodine, souriante, déguisée, en smoking, les satyres braguettes ouvertes, les pourris gâtés, les esclaves menottés, les hypocrites doubles, la racaille mondialisée, les sans-papiers, et ceux avec, le Vénitien, Place du Baty, ses philosophes pochards du vendredi soir, les pendus au milieu du jardin, les jouisseurs de souffrances, les peurs de mort, les narcissiques belliqueux, les débauchés camés, les antéchrists, les anges déchus, les démons affreux, les persécuteurs, les destructeurs, les opportunistes aux tics verbaux, "à qui mieux mieux!", "en somme", "tant que t'es debout", "ou quoi ou qu'est-ce", "en vrai", "de ouf", "tout doit partir", "c'est genre...", "sans te commander", "moi je, moi je", "au jour d'aujourd'hui", "carrément", "tellement vrai", "ca ne mange pas de pain", "on perd du temps-là", "les gens comme toi finissent au bout d'une corde", les monologues inépuisables, les paroles venimeuses, les raccourcis de langages inhumains, les fanfaronnades atrophiées, les surnoms encombrants, les vantardises tout haut, le son pour combler le vide, les allitérations confuses, les rires d'hyène, les rires bovins, les rires de fiotte, les rires saccadés retenus à l'entrée du palais, les rires stridents coincés au fond de la gorge, répéter sans s'entendre, parler trop fort, les mômes qui chialent, s’en débarrasser devant les écrans, zapper sans ambition, la télévision étendard, les grilles de programmes tv, les cinés pornos, la télé-réalité, le 19h, le 20h en copie, la surenchère des experts télévisuels, les cancanages journalistiques verbeux, les journalistes sportifs, les commentateurs de presse écrite, les citations sans références, les citations sur les t-shirts, les critiques anonymes, les prix littéraires, les auteurs délirants, l'impudicité des écrivains jacasseurs, les conférences de Bernard Werber, les livres d'Albert Jacquard, pourrir la littérature, les voleurs d'idées récompensés, les traductions foireuses, les feuilles blanches hargneuses de la déperdition, les éprouvantes par ordre chronologique, le découpage du présent continu, les barrières de la communication, les messageries vocales sans paroles, les épithètes experts vidés de leur sens, les romans noirs, et à suspense, les films sérieux, le slam sponsorisé, les œuvres d'art incomprises, les tableaux remplis d'énigmes, essayer de les déchiffrer, le minimalisme surchargé, les natures mortes, les expositions de peinture sans tableaux, la réalité plastique, le marketing viral, l'administration apathique, les démarches administratives enchevêtrées, les traits procéduriers, les circulaires occultes, les réunions professionnelles quand le soleil nous nargue, passer sous le bureau, les ragots dans les cages d'escalier, les temps de midi interminables, huit heures sur le papier, les permanences, les vidéo-conférences, l'enfermement volontaire des esprits, la réification de l'âme, l'abrutissement des salles de classe, les domestications, enseigner entre quatre murs, l'instruction de la jeunesse, le grincement des ongles aiguisées sur le tableau vert, les listes de présences, les cours de langue théoriques, la morale laïcarde, les pédagogues de Jonfosse, les profs de math savants, les raisonnement par l’absurde, les truismes de la vieille prof de morale qui pue de la gueule, la didactique, les dispenses négociées, les journées de formation, les attestations de participation, les visites médicales, les salles d'attente chloroformées, pisser dans un bocal, les PCR contre le cerveau, les prises de sang, les dépistages du cancer de la prostate, la petite bourgeoisie en sandales, les extensions du domaine de la lutte, le fétichisme de la marchandise, le CAC40, les cotes boursières, la fièvre de la finance mondiale poussant à l'endettement impondérable, les enfers fiscaux, l'ivresse du développement, les taux d'intérêt enflammés, la persuasion marchande, les banquiers col Mao, les maquereaux des dividendes, les beaux parleurs, les actionnaires en manque, les parachutes dorés, le business en ligne, les devis sans surprise, les délocalisations, les arnaques sous les tables, l'argent sale, la privatisation des syndicats, et ceux corrompus, les piquets de grève, les rassemblements gluants, les prétendues libérations, les ordres contraires à la logique, les servitudes volontaires, les clans divisés, les conflits d'intérêts, les financements cachés des campagnes de pouvoir, nier l'existence des réseaux, les ordres d'en haut, les sbires ainés, les antifas fascistes, les gauchistes incultes, les punks à chien, l'inclusivité obsessionnelle, les psittacismes électoraux, les discussions molles, les avis sectaires, les bruits qui courent, et ceux de couloir, les contre-révolutions, les manifestations encadrées, les marches pour le climat, leurs organisateurs, leurs croyants, leurs militants, leurs paroissiens, leurs fidèles, leurs convaincus, l'écolo-féminisme, les campagnes d’hashtag qui disparaissent dans le néant des lignes de code, la psyrose, les séances de psy capitalistes, la psychologie moderne de l'usure, la gauche caviar, la droite champagne, le centre presque, la manne d'inactifs supplémentaires, la trahison de quarante années de politique sociale, les obédiences mystiques, les soumissions religieuses, les néoconservateurs, les francs-maçons, la déchristianisation, le cartésianisme nomade à sept branches, la circoncision du huitième jour, les attaques sous faux drapeau, les cessez-le-feu illusoires, les homicides dispersés, les casques à pointe, tenir en joue, les douilles vides, les bombardements, les ONG pirates, le commerce équitable, les grands remplacements, les immigrés échoués, l'armée de réserve, les dogmes creux, le véganisme sans tradition, les mauvais mangeurs, la modernité, les malséances nauséabondes du positivisme avarié, la parentalité uniquement positive, les écologistes réprobateurs, les spiritualités contemporaines, charlatanes et fallacieuses, les magiciens, les communions nocturnes, les travestis, le New Age, la Kundalini décentrée, l'enstase, la sophrologie déséquilibrée, convertir les fausses pratiques orientales en caricatures matérialistes immondes, le yoga qui t’ancre dans la terre, le lâcher prise des inconditionnels de la servilité du bien-être, les démocrates bornés, l'élucubration des droits inaudibles, les esprits passifs, les versions officielles, les réaménagements de l'histoire contemporaine, le crime de pensée, la charogne émasculée, la dictature covidiste, la propagande qui la pousse, l’entoure, et la valide, les confinements, la censure de la flaveur, les masques obligatoires, les passes sanitaires, et les vaccinaux, les vaccins novateurs contre les maladies inventées, les surdosages, les chacun pour soi, la loqueteuse immunité collective, la recherche médicale sempiternelle, les puces électroniques sous la peau, le crédit social à la chintok, les classements imposteurs, la déshumanisation généralisée, l'espace Schengen, l’Organisation du traité de l'Atlantique nord, l'Europe américanisée, la culture américaine, fêter halloween, les anglicismes désordonnés, les starter packs, les trigger warnings, les burnouts, les super chill vibes, les to-do lists, les comeback, les best of, le vintage, les food lovers, les team buildings, les scoops, les losers, les master-classes, les openspaces, les fast-foods, les drive-ins, les DIY, le Made in China, le binge-watching, le benchmarking, le jet lag, le fairtrade, les Dylan, les Brandon, les Jason, les Cheyenne, les Kimberley, les Beverly, les dépressives, les désagréables, les bipolaires, les alcooliques, les amnésiques, les compliquées, les caprices enfantins, les pleurnicheuses, les adultères, les avocates affriolantes, les grosses qui gênent le passage, celles à moustache, celles aux pigeons, la tarée quotidienne du Point chaud de la rue Saint-Gilles, la folle du rez-de-chaussée cajolant sa bouteille de vin rouge, les secrétaires ivrognes aux lunettes noires à strass, les allemandes délabrées, les princesses connasses, les pétasses en bande, les vieilles au volant d’une Peugeot, les invisibles silencieuses au furoncle lustré entre les narines et le menton, les assistantes sociales salopes, les croqueuses d'hommes, la coquetterie à l'esbroufe, les influenceuses de mode, les chroniques de l'accro au resto, les escroqueries dans ton genre, les caissières sonores du Lidl de Grivegnée, le déni de vieillesse, l'année d'âge mûr, les seins qui tombent, le maquillage industriel de phoque, les cils de deux mètres, les piercings dans le nez, les faux-ongles acérés, les seins siliconés, les jupes trop courtes et sans mystères, le botox injecté au burin, les lèvres qui pendent, les paires de fesses carrées, les hanches flasques, les omoplates raidies, les épaules molles, les nez absents, et ceux de cochon, les renifleurs de nez encombrés, les cheveux gras, la calvitie, les mâchoires carrées, les dents serrées, les crocs édentés, les doigts qui collent, l'haleine fétide du réveil, les moustaches jaunies, les myopies tardives, les pupilles qui se cherchent et finissent par se trouver, les monosourcils, les regards fuyants, et inoccupés, les goitres proéminents, le cérumen en croute, le pus sur les joues, les oreilles décollées, bouchées, bourdonnantes, les trompes d'Eustache remplies de givre, les chats de gouttière agrippés à la gorge, les acouphènes indélébiles, les rhumes abondants, les rhumatismes, les os qui craquent, les troubles musculosquelettiques, les pieds puants, les ongles sales et incarnés, les hordes de fourmis serpentant les jambes endormies, les sciatiques mollets, les varicosités, les souffrances physiques indescriptibles, perdre le côté droit, la drépanocytose héréditaire, les éruptions cutanées indéfinissables, la peau en lambeaux, les tunnels sous la peau, les démangeaisons fiévreuses, les picotements, les cicatrices insoudables, les discopathies déshydratées, les déminéralisations, les dystonies psychiques, la trichotillomanie compulsive, la dermatillomanie impulsive, les dyssynchronies internes, les cordons ombilicaux noués autour du cou, les grossesses accidentelles, les retards de règle, et celles qui n’arrivent jamais, les lendemains de veille, les gueules de bois arides, courir aux toilettes, le mal de crâne, le mal de mer, le sel dans les reins, les incohérences cardiaques, les angines de poitrine, les extravasions biliaires, les articulations crépitantes, les fractures ouvertes, celles refermées, les squelettes percés, les chaises roulantes, les insomniaques affaissés, les pathologies égotiques, les prophéties autoréalisatrices, les pertes de mémoire, la fatigue inconnue, les hormones arrachées, les aliénations mentales, les schizophrénies simples, les pyromanies glacées, les sautes d'humeur inconvertibles, le stress fabriqué, les paralysies enthousiastes, et celles de la parole, les assuétudes chimiques, toxiques, calamiteuses, les panses tendues, les dissolutions de l'existence, les vénériennes, les monomanies, l'anorexie, les vers parasites boulimiques, les nervosités, les chimiothérapies, les euthanasies désespérées, le clonage des tombes, les sirènes mortuaires, l'origine du monde, le vieillissement prématuré des lignes de vie, les élixirs de jouvence, les ralentis, l'immobilisme, l'inaction, la fainéantise, la radinerie, la neutralité, les compromis, les demi-mesures, les indécisions, l'absentéisme, les faux-semblants, les dos tournés, l'impudicité, l'imprécision, les discriminations, les malentendus, la résignation active, le grégarisme autonome, les principes intangibles du convaincu moyen, l'ambivalence des coquilles vides, l'égalitarisme imposé, l'inversion des valeurs, l'absurdité égoïste, la fausse modestie, la vantardise accélérée, les mythomanies désossées, les a priori courants, la vulgarisation du monde, la rationalité vulgaire, les angoisses à venir, l'amertume au creux des lèvres, les déceptions à répétition, la solitude rongée sur les bancs publics, la veulerie contagieuse, les papiers qui meurent, les tragédies arrangées, l'oraison funèbre indécente d'une nièce artificielle refusant de bénir la tombe de sa défunte tante, les malédictions sibyllines, l'orgueil aveugle, l'inconscience des fins, la fin du voyage, les sophismes abruptes, les mystères résolus, les explications prolongées, les choix nombreux, le choix tout court, la compassion frivole, le repentir mielleux, l'ennui profond dans le respect, l'ennui pluriel dans l’irrespect, l'ambiguïté sournoise des ombres d'hier, la liberté d'expression conditionnelle, les dérapages fictifs, les jugements hâtifs, les analogies creuses, la tolérance universelle, la pitié d'emprunt, le sentiment d'infériorité, la culpabilité irrationnelle, les ménagements synthétiques de la probité, la palette des tourments, l'hystérie collective, l'hypersexualisation, l'hypersensibilité pervertie, l'hyperactivité bénévole, le conformisme fractal, l'excès de confiance, la platitude des raisonnements redondants, les chaines de causalités infinies, les procès d'intention, l’accumulation d'allusions litigieuses, les vertus pour les vices, les erreurs pour les fautes, la foi sans la raison, les indéterminations, les contraintes ailées à dos de brume, les écarts maladroits, les préconceptions assombries, les engouements machinaux, les espoirs matériels, la double négation, les avis en dents de scie, les dissymétries humaines, les admonestations sordides, les entourloupes licencieuses, les épines dorsales du mensonge, la fatuité des ombres molles, le hasard comme réalité, la contingence aventureuse, la normalité normalisée, les addictions pour oublier, les pressions amnésiques, les cordes de la nécessité, les dérivatifs, les solitudes forcées par les écrans, la dégénérescence qualitative, le temps de latence, les défaillances, les incuries morales, les rouspétances baveuses, l'antipathie facile, l'optimisme extrême, béat, putride, la positivité surintensive, les attaques ad hominem pour pallier ta bêtise, la peur du temps, la peur de soi, le culte de soi, se détester quotidiennement, les envies frêles, les poussées de morbidité, les perversions communes, l'accablement d'un écrivain meurtri par l'infidélité d'une époque, vivre avec une ce que l'on attend de l'autre, dissocier l'amour de la mort, celle à crédit, faire parler les morts, les cendriers d'aigreur, les amours monotones, l'étranglement amoureux, l'obligation de jouer un rôle, la mélancolie sombre, le vague à l'âme, la tristesse intestinale, les cœurs à vif, les culs-de-sac de nostalgie vénéneux, les fantômes du passé, la guigne muette et sourde, les momies de douceur, les nonchalances du désir, les modèles parfaits, les habitudes insupportables, l'écho du silence, les prétextes fixes, les agendas de ministre, l'espoir benêt, la précocité des espérances, le futur approximatif, les disputes cycliques, les mains gauches occupées, 1000 je t'aime éparpillés, 96 heures d’absence, les mots d'adieu collés au frigo, les lettres de rupture, la défaite après chaque départ, les regrets entre les dents, l'irréversibilité du temps, les à volonté, les peut-être, les à peu près, quand tu me désavoues, quand tu désertes pendant 6 mois, quand tu nous abandonnes, quand tu ressusciteras du tombeau des souvenirs, quand tu embrases l'autre, quand tu me dévisages avec mépris ta clope roulée aux lèvres, quand tu es entourée de courants d'air, quand tu ne dis plus rien, quand tu m'évites, quand tu rebondis dans le prisme de mon agitation, quand tu quitteras, quand je t'attends, quand il t'en manque une cinquantaine, tirer la gueule, perdre patience, renoncer au refus, abandonner maintenant, abandonner sa gosse, étaler les causes, aligner les complaintes, celles qui restent molles, nier la vie, nier les autres, porter la guigne, prédire l'avenir, diviser pour mieux régner, ne rien apprendre au travail, travailler pour vivre, travailler pour rien, travailler derrière un bar, promouvoir, obstruer, ternir, recouvrir, dissimuler la vérité, la laisser sens dessus dessous, rechercher le bonheur, confondre son être dans le paraître, intérioriser éternellement, regarder son nombril, s'inoculer la douche froide de la dépendance, se coller contre les arbres pour communiquer avec la nature, sevrer, dépouiller, détruire, annihiler les passions, se prendre pour Dieu, se familiariser avec l'enfer, croire que l'enfer c'est les autres, renifler sa hantise, fumer du crack, les laudanums statiques, sermonner abusivement le quotidien, ouvrir son parapluie à l'intérieur, rire de ses blagues, manger trop vite, et la bouche ouverte, monter en haut, confondre fins et moyens, se réjouir précipitamment, en savoir trop, ou pas assez, ce qu'il faut faire, ce qu'on doit apprendre, et surtout par cœur, ce qui est attendu, écrire à la deuxième personne du pluriel, écrire pour survivre, tout ce qui empêche la poésie, la force, la condamne, l'interprète, la traduit, tout ce qui l'explique, la salit, la bouche, l’encombre, la coince, toutes les charges, tous les suicides, tous les déterminismes sociaux, tout ce qui est healthy, tout ce qui rampe dans la boue, tout ce qui est mauvais, tout ce qui est immuable, mais tout ce qui change hâtivement, tout ce qui colle en laissant des traces, tout ce qui est jauni, tout ce qui pique, gratte, râpe, frotte, tout ce qui sent le gratuit, tout ce qui meurt vraiment, tout ce qui est trans, tout ce qui s'use précocement, toutes les merdes industrielles ingurgitées, tout ce qui est moyen, tout ce qui ne convainc pas, tout ce qui est autour et non dedans... écrire les fins, – il est l’heure de se dresser contre ces machinations de l’esprit, ces destins funestes, ces destructions de l’âme qui étouffent le courant de notre conscience, il est l’heure d’affronter ces conformismes latents, ces éruptions de ruines et ces aversions organisées pervertissant notre instinct, il est l’heure de reconstruire sur les cendres de ces condamnations le dernier récit d’une vérité immuable et éternelle.